Les femmes en 1914-1918

Durant la Première Guerre mondiale, les femmes ne se sont pas contentées d’être des mères et des épouses affectueuses et soucieuses de renforcer le moral de leur mari ou de leur(s) fils au front.

 

 

1721 4 5 2 350 250

 

Outre les infirmières qui s’engagent par milliers au front ou à l’arrière, se crée un vaste réseau féminin de soutien des poilus. La marraine entretient une correspondance avec le « filleul », qui est en principe choisi avec l’accord de l’officier commandant de l’unité. Elle lui envoie des colis de denrées et, à partir de 1916, peut même le recevoir en permission dans sa famille.

 

 

 

L'appel aux femmes

A la mobilisation, pour les femmes des villes, leur enthousiasme est l’égal de celui des mobilisés. 

Dans les villages et les campagnes, il en va tout autrement. Les femmes savent la somme de travail que va représenter le départ des hommes, surtout en ce plein été 1914. 
Elles savent aussi que la guerre n’est pas aussi fraîche et jolie que les autorités veulent le dire. 
Ce sont les paysans qui tombent les plus nombreux dans les batailles. 56 % des Français vivent alors dans des villages de moins de 2 000 habitants.

 

Les villageoises du Nord de la France, de Lorraine et d'Alsace, dès les premiers jours de la guerre, vont voir déferler des milliers de Belges fuyant leur pays. 
Même si l'on ne croit pas totalement le récit des exactions des hordes allemandes (à tort car à Dinant en Belgique : 700 civils massacrés) on se prépare à partir. 
A leur tour devant l’avance allemande, 150 000 civils français fuient sur les routes. Les fermes, les ateliers, les usines sont abandonnés.

Voilà femmes et enfants devenus des réfugiés. 1 000 000 de personnes seront évacués en 1915. Ils ne rentreront dans leur village pour certains qu'en 1917 à la suite du recul allemand mais pour la plupart en 1918.

 

Dans ces régions tenues par les Allemands, toutes n’ont pas fuit. 
Leurs conditions de vie vont être très difficiles. Elles n’auront aucune nouvelle des mobilisés pendant toute la guerre. Ce ne sont pas les quelques messages transmis par la Croix Rouge, en passant par l’Espagne et la Hollande, qui parviendront à atténuer leur angoisse. 
Ces populations restées sur place, femmes, vieillards et enfants subissent les pires humiliations. Coupées totalement du reste de la France, elles ne savent rien de la situation militaire. Femmes et jeunes filles sont raflées par les autorités allemandes pour les travaux des champs dont la récolte est réquisitionnée pour la nourriture des troupes d’occupation. 
D’autres encore sont déportées en Allemagne avec les jeunes garçons pour travailler en usine. 

 

 

Les femmes au travail

 

Fb img 1478857733465


LE TRAVAIL AUX CHAMPS ET A LA FERME

Dans les champs elles travaillent 13 heures par jour sous la surveillance constante d’un chef de culture. Il ne reste plus de temps pour s’occuper de ses propres récoltes. 
Pourtant certaines vont tenir tête aux allemands. Des femmes s’improvisent maire, garde-champêtre, maréchal-ferrant. Seuls les curés partis au front n’ont pas leur remplaçant féminin. Des femmes transforment leur maison en ambulance. 
Des femmes, à vélo, vont chercher le courrier au bourg voisin et le distribue. 
Des femmes qui jour après jour recueillent les soldats alliés en fuite et les acheminent vers la Hollande. Les Allemands furieux évacueront d’office encore 42 000 femmes, enfants et vieillards des territoires occupés au plus fort de l’hiver en janvier 1917. Passons sous silence les quelques centaines de femmes qui vont collaborer avec l’occupant.

LES METIERS DE SERVICES ET ADMINISTRATIFS

Les femmes portent les valises dans les gares, sont conductrices de taxi, d’autobus, travaillent en usine. Les usines d’armement tournent avec un effectif à majorité féminin. 
Devant leur inexpérience, il faudra bien faire revenir du front des milliers d’ouvriers spécialisés. Mais elles vont apprendre très vite. 

LES USINES ET L'INDUSTRIE

 

Fb img 1478857744687

Elles vont retrouver dans les ateliers, les ouvriers spécialisés revenus du front, des jeunes garçons de moins de 18 ans, des mutilés, des inaptes au combat, des Kabyles, des Sénégalais, des Chinois et Indochinois et des prisonniers de guerre allemands. 
En 1918, elles sont 430 000 dans les usines. Chez Citroën, elle sont 60 % des effectifs, mais 29 % chez Renault à la fabrication des chars. 
Elles sont surtout très nombreuses dans les fabriques d’obus. Cela ne va pas sans heurts, notamment avec les spécialistes revenus du front qui craignent que les femmes ayant acquis de l’expérience, on ne les renvoie au combat. Ce qui arrivera. 

LA FABRICATION DES MUNITIONS - CARTOUCHES ET OBUS

Les fabriques d’obus sont un enfer. Les femmes vont y travailler, par équipes de jour et de nuit, 10, 11, voire 12 heures par jour, avec 2 jours de repos par mois. 
Maniant des tonnes d’obus. Il n’y a plus de droit ouvrier, ni de lois sociales. Suite à de longues grèves, il faudra attendre 1917, pour que ce droit soit un peu remis en application, 10 heures par jour de travail, repos le dimanche, interdiction du travail de nuit pour les moins de 18 ans 
Ces aménagements n’empêchent pas la production. 
La France produit 300 000 obus par jour en 1917.

Mais c’est surtout l’image de la femme en blouse bleue ou blanche que le soldat va retenir. Celle de l’infirmière qui va lui tenir la main pendant sa souffrance. 
Celle qui va lui donner à boire. Celle qui va le soutenir dans ses premiers pas. Rappelons que 3 millions de soldats français furent blessés pendant la Grande Guerre et certains plusieurs fois. 
Sans compter les malades.

Les femmes commencent à voir passer les premiers trains de blessés qui descendent du front. Blessés si nombreux qu’on va les expédier jusqu’à Montauban et même Lourdes. 

INFIRMIERES ET HOPITAUX 

 

966 15 4 4 350 250

Alors les femmes vont s’investir dans les différents corps de santé, civils ou militaires.

A la mobilisation de 1914, elles sont 23 000 à rejoindre le front et les hôpitaux. 
En 1918, elles sont 100 000 réparties entre les hôpitaux militaires, les hôpitaux privés, les services de rééducation. Ces services médicaux vont recevoir l’aide de femmes de tous les milieux, de toutes conditions. Illustres ou inconnues vont se côtoyer. Marie Curie va se dévouer au front avec ses voitures radiologiques (payées par des familles fortunées). 
Des filles de la bourgeoisie vont suivre des cours d’infirmières et découvrir la vie bien différente de leur éducation. Des jeunes filles de condition moyenne vont se valoriser, d’innombrables oeuvres vont s’ouvrir (cigarettes du soldat, vêtements chauds du soldat, paquets du soldat). 
Les enfants vont se trouver entraînés dans ces oeuvres charitables. Si certaines de ces œuvres peuvent paraître dérisoires, elles apparaissent aux yeux du soldat comme un soutien des femmes de l’arrière. 

D’innombrables marraines de guerre vont échanger une correspondance suivie avec des soldats qu’elles ne verront peut-être jamais.

DES ENFANTS POUR LA GUERRE

Les enfants justement, le gouvernement y fait souvent allusion. Il faut faire des enfants, et de multiples aides vont apparaître pour améliorer la natalité. 
Faire des enfants alors que l’homme est absent ? Alors que mettre un enfant au monde est un risque toujours constant. 5 femmes sur 1000 meurent en couches et 45 enfants sur 1000 meurent à la naissance, 15 % meurent avant I an. La natalité reste faible dans ces années de guerre. 
Elle remontera en 1919, 1920 et 1921 avec le retour des soldats.

Et puis un jour, la guerre est finie. Qui va apparaître au bout du chemin et dans quel état? Les enfants vont-ils reconnaître un père quitté depuis 4 ans. 
Le retour du soldat ne s’opère pas toujours dans d’excellentes conditions. Il veut reprendre sa place, toute sa place aux champs et à l’usine. 
Les femmes en ses 4 années de guerre ont goûté à l’indépendance. 
La femme de 1919 ne ressemble plus à celle de 1914. 
Mais très souvent, elles vont rentrer dans l’ombre, élever des enfants qui à leur tour partiront à la guerre dans 20 ans. L’infirmière de 1914-1918 est un précurseur qui va entraîner dans son sillage un nombre de plus en plus élevé de femmes qui vont s’investir dans le Service de Santé où elles vont voir leur nombre croître sans cesse.

LA FIN DE LA GUERRE : L'HOMME REPREND SA PLACE

Et puis un jour, la guerre est finie. Qui va apparaître au bout du chemin et dans quel état?  
Les enfants vont-ils reconnaître un père quitté depuis 4 ans.  
Le retour du soldat ne s’opère pas toujours dans d’excellentes conditions.  
Il veut reprendre sa place, toute sa place aux champs et à l’usine.  
Les femmes en ses 4 années de guerre ont goûté à l’indépendance.  
La femme de 1919 ne ressemble plus à celle de 1914. Mais très souvent, elles vont rentrer dans l’ombre, élever des enfants qui à leur tour partiront à la guerre dans 20 ans.  
L’infirmière de 1914-1918 est un précurseur qui va entraîner dans son sillage un nombre de plus en plus élevé de femmes qui vont s’investir dans le Service de Santé où elles vont voir leur nombre croître sans cesse.

 

(source: EXPOSITION :  LA MOBILISATION ET LE TRAVAIL DES FEMMES à L'ARRIERE  
                             L'EDUCATION DES JEUNES ENFANTS - Garçons et Filles 
                             PATRIE, PATRIOTISME et PROPAGANDE en 1914 / 1918)

 

 

Yamina MAHBOUBI 

Présidente de l'Association Je Suis France 

×